Ce matin, alors que je ne m’attendais à rien d’autre que de trouver un peu de réconfort au fond de mon café, j’ai eu le droit à tout autre chose. Une voiture arrive dans l’entrée, il est tôt, je suis à mon meilleur, c’est à dire, les cheveux en bataille, mon magnifique pyjamas en polar et ma face de fille qui est rentrée tard de sa bière hier! Je reconnais l’homme dans la voiture, c’est un de mes clients, un de ceux qui s’est retrouvé devant mon objectif. Je suis intriguée par sa visite matinale, mais que peut-il me vouloir? La dernière fois qu’il est venu chez moi, c’était pour récupérer le contrat que j’avais fait pour lui, c’est-à-dire, les photos de lui pour sa campagne électorale. Car, ce monsieur se présente pour le poste de maire de mon village.
Il entre dans ma cuisine et me fait une proposition, une de celle que l’on ne s’attend pas du tout. Il me propose de me présenter pour un des postes de conseillers municipaux. Prise par surprise, je pars à rire avant même qu’il ai pu me fournir un argument. Puis il me dit qu’ils ont beaucoup parlé de moi, qu’avec mon expérience de mère de jeunes enfants, mon entreprise qui grandit et ma vie en générale, j’étais bien placé pour représenter une partie de la population du village. Je lui répond que je ne suis pas du tout intéressée par un tel mandat, une telle expérience.
Puis le doute, mais si ça m’apportait du positif tout ça. Si ça me permettait de sortir de mon isolement, de retrouver une liberté d’action et d’avoir la satisfaction de voir des choses changées. Je me suis questionnée sur le fait de construire quelque chose en dehors de ma famille, de mon petit noyau.
Puis finalement, en regardant comme il faut, je n’ai pas ce qu’il faut actuellement, je ne me suis jamais intéressée au conseil municipal, jamais intéressée à la politique. Bien sûre, j’ai des idées et des opinions, mais est-ce que c’est assez? C’est un mandat de 4 ans, c’est long 4 ans si on se trompe. Puis, c’est très dernière minute tout ça, la date limite pour présenter sa canditature c’est demain après-midi. Une seule journée pour remplir les formulaires, me faire une opinion claire pour savoir si je veux me présenter en association avec quelqu’un ou comme indépendante, c’est définitivement pas assez. Car, dans tout ça, je ne voterai pas pour un partie ou des idées le 1er novembre prochain, mais pour des gens que je connais et en qui j’offre ma confiance. On verra si dans 4 ans j’aurai une autre opinion et si je me lancerai dans l’aventure.
Toutefois, cette journée m’a permis de voir mon orgueuil personnel très flatté!