Hier, j’écoutais un téléroman québécois populaire et m’est venu une idée de billet. Dans le téléroman, une mère expliquait à sa fille adoptive que le lien qu’elle a avec elle est aussi fort que celui qu’elle a avec son fils biologique, que ce n’est pas de porter l’enfant qui fait le lien. Ce à quoi je me suis tout de suite reconnue. J’ai eu l’idée de parler de ça ici, tant pour mes amies qui deviendront mère dans les prochaines semaines que pour toutes les futures mamans qui peuvent lire ce billet.
À ma première, je croyais à tort que lorsqu’elle serait née, je serais immédiatement frappée d’une vague d’amour, d’un sentiment plus fort que tout, de la maternité pure et je m’attendais à pleurer de joie et de bonheur. Quelle ne fût pas ma surprise de ne rien ressentir d’aussi profond dans les premières minutes de vie de ma fille. En fait, je ne m’intéressais que très peu à mon bébé, prise dans le tourbillon de ce qui venait de se passer, de la douleur maintenant apaisé et sans aucun contrôle sur tout ce qui se passait autour de moi. J’ai été longtemps très mal à l’idée de n’avoir rien ressenti de puissant à ce moment, de ne pas avoir ressenti que j’étais maintenant mère. J’ai eu des sentiments de culpabilités pendant un bout, je ne me trouvais pas normale de ne pas me sentir maternelle face à ce petit bébé qui venait tout juste de sortir de ma bédaine. Je ne ressentais aucunement l’impression d’avoir donner la vie à mon enfant, je venais d’accoucher point. Bien sûre que j’aimais ma petite fille, mais pas autant que je m’y attendais. J’avais une fausse impression que ma vie changerait radicalement à sa première seconde de vie, pourtant, je ne ressentais rien de spécial. Je n’avais jamais entendu dire que quelqu’un avait aussi vécu ça, dans mon esprit toutes les mères du monde succombaient immédiatement à la vue de leur progéniture. Vous voyez mon sentiment de culpabilité maintenant en!
Je profite donc de la tribune que j’ai par ce blogue pour dire que c’est tout à fait normal de ne pas se sentir mère à la minute que le bébé est là. L’amour maternel peut arriver à ce moment précis, ou encore dans les heures qui suivent, mais il peut être aussi présent bien avant que le bébé naisse. Pour ma part, ça n’a pas pris plus de quelques minutes, en fait dès que je me suis retrouvée seule avec mon conjoint et ma petite puce dans la chambre d’accouchement, j’ai eu le coup de foudre, il s’était passé qu’environ une demi-heure depuis sa naissance, mais cette demi-heure m’a semblé tellement longue et tellement angoissante, je n’aurais jamais osé verbaliser ce que je vivais de peur de me faire juger et que l’on dise de moi que je n’étais pas une bonne mère. Pourtant, je suis sûre que si j’avais dit ce que je ressentais, on m’aurait rassurée et je n’aurais peut-être pas eu un baby-blues quelques jours plus tard et je n’aurais pas repensée à ce sentiment encore et encore.
Aux quatre autres enfants, je n’ai pas du tout eu ce sentiment, immédiatement à leur naissance j’étais comblée et tellement heureuse de les voir et les connaître. J’ai ressentie tout ce que j’avais prévu pour mon premier accouchement, la culpabilité de ma première expérience refaisait surface à chaque fois. Jusqu’au jour où enfin j’ai pris conscience que la maternité et l’amour maternel, ce n’est pas tant l’accouchement que le fait de s’occuper de notre enfant. L’amour naît à ce moment pour certaine et il faut que l’on en soit consciente. Je n’ai pas vu cette information dans les livres que je lisais à cette époque, peut-être qu’aujourd’hui, c’est autre chose. Mais c’est le genre de chose qu’il faut partager et qui fera sûrement du bien à une autre mère. Peut-être que j’aurai, par ce billet, permis à une mère de ne pas vivre de culpabilité lors de son accouchement, parce qu’elle saura que c’est normal de ne pas ressentir tous les sentiments auxquels on s’attend. Que pour certaines, toutes ces émotions prennent quelques heures et que c’est normal.
Sachez maintenant, que mes 5 enfants sont les êtres que j’aime le plus au monde, d’un amour pure et inconditionnel. Je ne supporte pas qu’il soit malheureux, qu’il ait une peine ou un chagrin, j’ai mal avec eux. Je vis aujourd’hui au travers d’eux et je sais exactement ce que c’est l’amour maternel, bien que ce soit un concept qui m’est difficile de mettre en mot. Que tous les 5 reçoive exactement le même amour, différent de l’un à l’autre, mais ça sera peut-être le sujet d’un éventuel billet, mais tout aussi fort pour les uns que les autres.